Une pâte fine, une friture qui crépite, un voile de sucre glace… Vous imaginez l’odeur dans la cuisine ? Pour un Carnaval vraiment gourmand, les bugnes sèches croustillantes d’Adeline Wendzinski ont tout pour devenir votre nouvelle tradition de février.
Bugnes sèches ou bugnes moelleuses : que choisir pour le Carnaval ?
On parle de bugnes, de merveilles, d’oreillettes… Derrière ces noms, un même plaisir : des petits beignets dorés, sucrés, à déguster sans façon. Pourtant, il existe deux grandes familles.
La bugne dite “moelleuse”, souvent associée à Lyon, est préparée avec de la levure de boulanger. Elle gonfle pendant le repos. Elle est plus épaisse, plus aérée, presque comme une brioche frite.
La bugne provençale, elle, est qualifiée de bugne sèche. On utilise de la levure chimique, voire pas de levure du tout. Résultat : une pâte très fine, une texture ultra croustillante, presque craquante sous la dent. C’est cette version qu’Adeline Wendzinski, à la Biscuiterie de Rognes, met à l’honneur.
Autre différence importante : le parfum. Là où beaucoup de recettes emploient la fleur d’oranger, Adeline fait le choix assumé de l’arôme citron. Un goût plus vif, plus frais, qui réveille le palais et se marie à merveille avec le sucre glace.
Les secrets d’une bugne sèche vraiment croustillante
Ce qui fait la réussite de ces bugnes ? Trois éléments. Une pâte bien équilibrée, une épaisseur très fine, et une friture parfaitement maîtrisée.
La fécule apporte de la légèreté. La levure chimique assure un léger gonflement sans moelleux excessif. L’arôme citron évite l’effet “lourd” que l’on peut parfois ressentir avec les beignets classiques. Et puis il y a le repos de la pâte. Quelques heures pour que les ingrédients se détendent. La friture sera plus régulière, et la texture plus nette.
Ingrédients pour les bugnes sèches croustillantes d’Adeline Wendzinski
Pour une belle assiette de bugnes (environ 4 à 6 personnes), prévoyez :
- 250 g de farine
- 50 g de fécule (de maïs ou de pomme de terre)
- 45 g de sucre semoule
- 30 g de beurre doux, à température ambiante
- 10 g de levure chimique
- 2 œufs de taille moyenne
- 40 cl d’eau à température ambiante
- Arôme citron, selon votre goût (en général 1 à 2 cuillères à café)
- Huile neutre pour friture (tournesol, pépins de raisin…)
- Sucre glace pour la finition
Pour le matériel, rien de très compliqué :
- Un cul-de-poule ou la cuve d’un robot
- Une cuillère ou un crochet/pale de robot
- Un rouleau à pâtisserie
- Un couteau bien affûté ou une roulette à pâtisserie
- Une poêle profonde ou une friteuse
- Du papier absorbant
Étapes de préparation : la méthode d’Adeline, pas à pas
La recette est simple, mais chaque geste compte. Prenez le temps, vous verrez, la différence se sent au premier croc.
1. Préparer la pâte à bugnes
Dans un grand bol ou un cul-de-poule, mélangez d’abord les ingrédients secs : farine, fécule, sucre semoule et levure chimique. Cette étape permet de bien répartir la levure et évite les grumeaux.
Ajoutez ensuite le beurre coupé en petits morceaux, les œufs et l’arôme citron. Mélangez jusqu’à obtenir une pâte épaisse. Versez alors progressivement les 40 cl d’eau à température ambiante. Incorporez en plusieurs fois. La pâte doit devenir lisse, souple, non collante.
2. Laisser reposer, un temps précieux
Couvrez votre bol avec un torchon propre ou un film alimentaire. Laissez reposer la pâte quelques heures à température ambiante. Cette pause permet à la farine de bien s’hydrater. La pâte se travaille mieux et les bugnes cuisent plus régulièrement.
3. Étaler la pâte très finement
Farinez légèrement votre plan de travail. Divisez la pâte en deux ou trois morceaux pour qu’elle soit plus simple à manier. Étalez finement au rouleau. Vraiment finement. Pour obtenir ces bugnes sèches croustillantes, l’épaisseur doit rester faible, proche de quelques millimètres.
Avec un couteau ou une roulette, découpez des rectangles d’environ 8 cm sur 3 cm. Au centre de chaque rectangle, faites une entaille dans la longueur, sans aller jusqu’aux bords. Puis faites passer une des extrémités de la pâte dans cette ouverture, comme si vous la “nouiez”. Ce geste crée la forme typique des bugnes.
4. Maîtriser la friture sans stress
Faites chauffer une quantité suffisante d’huile neutre dans une poêle profonde ou une friteuse. L’huile doit être bien chaude, mais pas fumante. Une pâte trop vite colorée indique que l’huile est trop chaude.
Plongez quelques bugnes à la fois dans l’huile. Restez devant la poêle. C’est impératif. Ces beignets dorent très vite, et ils brûlent tout aussi rapidement si vous vous éloignez. Retournez-les à mi-cuisson pour une coloration uniforme. Une fois dorées, déposez-les immédiatement sur du papier absorbant pour retirer l’excès de gras.
5. La touche finale : le sucre glace
Quand les bugnes sont encore tièdes, saupoudrez généreusement de sucre glace. Ce voile blanc leur donne un côté festif et met en valeur le parfum citronné. Servez-les le jour même. Elles restent délicieuses quelques heures, mais c’est vraiment juste après la friture qu’elles sont à leur apogée.
Conseils pour des bugnes dignes d’une biscuiterie artisanale
Pour approcher le résultat d’une maison comme la Biscuiterie de Rognes, quelques détails font la différence. D’abord, respectez bien l’épaisseur de la pâte. Trop épaisse, vous perdez le croustillant. Trop fine, elle risque de se déchirer.
Ensuite, surveillez la température de l’huile. Si vous n’avez pas de thermomètre, faites un test avec un petit morceau de pâte. Il doit remonter à la surface en quelques secondes et dorer tranquillement, pas noircir.
Enfin, ajustez l’arôme citron selon votre goût. Vous aimez les notes bien fraîches ? Ajoutez quelques gouttes de plus. Vous préférez plus discret ? Diminuez un peu la quantité. L’idée, c’est de trouver votre équilibre, celui qui fera dire à vos invités : “Vous les avez achetées où, ces bugnes ?”
Un rituel de Carnaval à partager en famille
Ce qui touche dans la recette d’Adeline Wendzinski, ce n’est pas seulement la technique. C’est aussi l’histoire derrière. Une biscuiterie artisanale, reprise avec passion, un savoir-faire transmis et affiné au fil des années, et une spécialité locale qui continue de faire vibrer les tables de Provence.
En préparant ces bugnes sèches croustillantes chez vous, vous faites un peu plus qu’un dessert. Vous créez un rituel. Une odeur de friture douce qui flotte, des doigts saupoudrés de sucre glace, des éclats de rire autour de l’assiette. Et, chaque année, quand revient le Carnaval, la même question : “Alors, on fait les bugnes d’Adeline cette année ?”











